logo
 

Accusé de tentative de corruption, le numéro 2 de la FIFA, Jérôme Valcke, est démis de ses fonctions
« Toutes les décisions prises à la FIFA sont des...

09/12/2016

« Toutes les décisions prises à la FIFA sont des conflits d’intérêts. » C’est en relayant ces propos que lui aurait tenus un jour le Français Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fédération internationale de football (FIFA) depuis 2007, que l’ex-joueur israélien Benny Alon a ouvert, jeudi 17 septembre, à Zurich, son « workshop for medias ». Quelques heures plus tard, ce même M. Valcke, si au fait des risques de conflits d’intérêt, était démis de ses fonctions, soupçonné, à son tour, de corruption. Un scandale dont Benny Alon avait esquissé les contours pendant la rencontre.

Reconverti comme « consultant » depuis le Mondial 1990, ce sexagénaire domicilié dans l’Arizona avait convié « la crème des journalistes sportifs » au Zunfthaus Zur Saffran, bâtisse du XVIIIe siècle sise sur les berges de la Limmat. « Vous en apprendrez beaucoup sur la FIFA », avait-il prévenu dans une lettre alors anonyme envoyée à plusieurs rédactions américaines et européennes, dont celle du Monde.

Appâtés par le flot de révélations attendu, une quinzaine de journalistes, parmi lesquels la référence écossaise Andrew Jennings, avaient fait le déplacement à Zurich, où est le siège de la FIFA. Devant son auditoire, Benny Alon a projeté sur un écran une sélection d’emails et de contrats confidentiels. A l’initiative des fins limiers britanniques, les journalistes s’accordent sur l’heure d’embargo avant publication : va pour 17 heures.
Des billets volatilisés

M. Alon dénonce alors le monopole exercé depuis la Coupe du monde de 2002 par son ancien collaborateur Jaime Byrom, cadre de la compagnie International Sport Entertainment (ISE), sur le marché des billets avec hébergement. Tableau à l’appui, le consultant montre que 8 400 places confiées à Byrom pour le Mondial 2006, organisé en Allemagne, ont disparu « sur le marché noir ». « La FIFA n’a rien fait pour les retrouver ou stopper cela », avance M. Alon. Rebaptisée « Match Services », la compagnie de Jaime Byrom obtient, à partir du Mondial sud-africain, en 2010, l’exclusivité sur le « business des billets, hébergement et transports ».

Travaillant pour la société suisse JB Sports Marketing (JBS), M. Alon alerte par email, en mars 2010, Jérôme Valcke — bras droit du président de la FIFA « Sepp » Blatter — sur le dossier des places disparues en 2006. Un rendez-vous a lieu entre les deux hommes. Il débouche sur un contrat signé, en avril, entre JBS et la FIFA, autorisant la compagnie à acheter puis à revendre des billets pour les Mondiaux 2010, 2014 (8 750 tickets), 2018.

Pour le Mondial 2022, une clause stipule que JBS pourra vendre des places « seulement si les Etats-Unis sont désignés comme pays hôte . » « Le Mondial appartient déjà au Qatar », aurait alors soufflé, en juin, M.. Valcke à M. Alon, alors que le vote d’attribution n’est prévu que le 2 décembre. Il aurait réitéré ces propos en septembre, soit trois mois avant le scrutin qui débouchera sur la victoire de l’émirat.
« Nous risquons tous d’être en infraction criminelle »

Le consultant accuse ensuite le numéro 2 de la FIFA d’avoir modifié, en 2013, ledit contrat. Cet accord lie désormais JBS à M. Byrom et concerne 11 032 places lors du Mondial 2014, au Brésil, que M. Alon et sa compagnie « n’ont jamais reçues ». « Où sont-elles passées ? », s’interroge l’ex-joueur, alors que l’Anglais Ray Whelan, un collaborateur de M. Byrom, a été arrêté à Rio, durant le tournoi, dans le cadre du démantèlement d’un réseau de revente de billets « au noir ».

De surcroît, M. Alon, proche de Michel Platini — lui-même candidat à la succession de M. Blatter en février 2016 — accuse M. Valcke de lui avoir réclamé la moitié des profits (soit environ 2 millions de dollars) à venir sur la vente de 2 400 places allouées à JBS par la FIFA et qui concernent les « douze meilleurs matchs du tournoi » sélectionnés par la Fédération internationale. Des billets que l’ex-joueur comptait revendre à un prix bien supérieur, maximisant leurs profits à tous les deux.

Se saisissant d’une valise, le consultant affirme qu’il y a entreposé « l’avance », « une somme à six chiffres » (250 000 dollars) pour la livrer, en avril 2013, à M. Valcke. Mais ce dernier, « trop occupé », et en plein divorce, avait décliné le rendez-vous.

Devant son avocat, présent dans la salle, M. Alon enfonce le clou, dévoilant un email du secrétaire général de la FIFA, daté de décembre 2013. « Nous risquons tous d’être en infraction criminelle » y assure le Français, se référant à la modification du contrat initial de 2010. Conséquence des accusations de M. Alon, la FIFA a annoncé avoir relevé de ses fonctions son secrétaire général, « avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre », demandant qu’une « enquête officielle soit menée » par sa commission d’éthique. Par l’intermédiaire de son avocat, Jérôme Valcke a rejeté les accusations le visant.

« Chaque jour un scandale. Est-ce que vous connaissez une organisation similaire ? Je pense que cette mesure était nécessaire, confie au Monde Guido Tognoni, ancien conseiller personnel de Blatter. Valcke a abusé de sa position souvent et n’était pas du tout aimé du personnel. En tout cas : un allié de Blatter de plus qui devientun ex-allié… »

A la tête de l’imposante administration (350 salariés) de la Fédération internationale depuis huit ans, Valcke avait indiqué qu’il quitterait son poste lorsque Joseph Blatter, 79 ans et en poste depuis 1998, remettrait son mandat à disposition du congrès de la FIFA, le 26 février 2016.

Le 2 juin, quelques heures avant l’annonce de l’abdication prochaine du Valaisan, le New York Times affirmait que le numéro 2 de l’organisation était dans le viseur de la justice américaine. Selon les enquêteurs du FBI, le bras droit de « Sepp » Blatter aurait supervisé le versement de 10 millions de dollars (9,1 millions d’euros) à Jack Warner, ex-patron de la Confédération d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (Concacaf) et ancien vice-président de la FIFA, qui fait aujourd’hui partie des quatorze responsables de la Fédération inculpés par la justice américaine pour corruption. Une transaction initiée en 2008 par le comité d’organisation du Mondial sud-africain de 2010 pour soutenir la « diaspora africaine » dans les Caraïbes.

Lire aussi : Le Français Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA, à son tour dans la tourmente ?

Le patronyme de Jérôme Valcke ne figurait pas dans l’acte d’accusation déposé mercredi 27 mai auprès du tribunal fédéral de Brooklyn. Interrogé par le New York Times, Jérôme Valcke avait démenti avoir autorisé ce paiement, et assure ne pas en avoir le pouvoir. La FIFA avait alors pointé la responsabilité de l’Argentin Julio Grondona, vice-président en charge des finances et mort en juillet 2014.
Un ressuscité

A 54 ans, Valcke passe pour un ressuscité, rompu aux turpitudes, cabales et autres zones d’ombre de la richissime fédération. Ancien chef de la direction de la chaîne Sport + (1997-2002), le Parisien a ensuite œuvré pour l’agence de droits sportifs Sportfive, avant de prendre le poste de directeur du marketing et de la télévision de la FIFA.

En 2006, il est accusé par MasterCard, partenaire de la Coupe du monde depuis 1990, de ne pas avoir respecté une clause stipulant que le géant américain est prioritaire pour reconduire son contrat. L’affaire finit devant la Cour de justice de New York, et la FIFA verse 90 millions d’euros de dédommagements à MasterCard.

Ayant négocié avec Visa, le dirigeant français est alors limogé par Blatter, mais il retrouve rapidement grâce aux yeux du septuagénaire. En juillet 2007, le polyglotte est nommé secrétaire général de la fédération, une promotion qui continue de poser encore question.

Dans le dossier du « Qatargate », ses détracteurs l’accusent d’avoir décidé d’attribuer en même temps les Mondiaux 2018 et 2022 afin de rassurer les partenaires économiques de la FIFA, dont la marque Coca-Cola, et ainsi de favoriser une hausse de la valeur des contrats.

Le 7 juillet 2010, Jérôme Valcke fut le signataire d’une circulaire rappelant aux pays candidats à l’organisation des 21e et 22e éditions de la Coupe du monde de « s’abstenir d’essayer d’influencer les membres du Comité exécutif de la FIFA (...) notamment en leur offrant des avantages pour des comportements particuliers ».En mai 2011, dans un email adressé à Jack Warner, il avait accusé le Qatar « d’avoir acheté la Coupe du monde. »
« Cadavres dans le placard »

Lire : Corruption à la FIFA : une enquête « encore loin de la mi-temps »

Le 29 août, la BBC avait affirmé que Jérôme Valcke envisagerait de défier dans les urnes son compatriote Michel Platini, patron de l’Union des associations européennes de football (UEFA), et favori dans la course à la succession de Blatter. elon la télévision britannique, le dirigeant de 54 ans a sondé une confédération continentale, ainsi qu’une fédération nationale, afin de faire l’inventaire de ses possibles soutiens. Il se serait également entretenu avec plusieurs cadres de la FIFA.

Ces derniers lui auraient alors déconseillé de se présenter, considérant que sa candidature pourrait constituer un « message négatif » envoyé à la justice américaine, qui enquête actuellement sur le versement de dessous-de-table et autres pots-de-vin à plusieurs pontes de l’instance mondiale, dont sept ont été arrêtés à Zurich, le 27 mai.

« On ignore si le Français a pris sa décision finale », indiquait la BBC. En marge de la FIFA, certains observateurs estimaient qu’une candidature de Valcke constituerait « un suicide », pointant les « cadavres qu’il a dans son placard ». « Plus rien ne me surprend, mais il n’a aucune chance », glissait au Monde un ancien membre du comité exécutif de l’instance.
lemonde



Modou Guèye n’oubliera pas de sitôt. Passé le bonheur de la naissance de son premier (...)

Lire l'article →

La pêche a contribué en 2015 pour 20, 8 pour cent à l’équilibre de la balance commerciale (...)

Lire l'article →

Le gouvernement a décidé de freiner la prolifération des essenceries dans la capitale. (...)

Lire l'article →

La forte affluence au niveau des commissions mises en place pour l’obtention de la (...)

Lire l'article →

Le footballeur professionnel, Cherif Ousmane Sarr, réclame 444 millions au marabout (...)

Lire l'article →

Le président Macky Sall a magnifié lundi à Yaoundé l’excellence des relations entre le (...)

Lire l'article →

L’absence de magasins de stockage et de camions frigorifiques fait perdre au secteur (...)

Lire l'article →

La Fédération nationale des cadres libéraux, après avoir réaffirmé hier sa confiance en (...)

Lire l'article →

Le prix au producteur du kilogramme d’arachide va connaître une hausse de 10 F CFA, en (...)

Lire l'article →

Avant de passer devant le juge, le 1er décembre prochain, pour répondre de l’accusation (...)

Lire l'article →

Le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, estime que la police et la gendarmerie (...)

Lire l'article →

Un conseiller municipal impliqué dans une affaire de braquage ? Aussi surprenant que (...)

Lire l'article →