logo
 

Sénégal : développement impossible !

09/12/2016

« Ce n’est pas le peuple qui est ingrat, ou inculte. C’est le système qui fait tout pour l’éloigner de la noblesse des êtres et des choses. Il lui apprend à ne se reconnaître que dans la médiocrité tous azimuts. » Yasmina Khadra

Lorsque dans un pays on condamne la droiture et récompense la fourberie ; libère les gros bonnets coupables et maintient en détention les prisonniers démunis ; promeut l’incompétence et décourage le talent ; préfère la nébulosité à la lumière dans la gestion des affaires publiques ; consacre beaucoup de temps aux futilités et très peu à l’essentiel ; privilégie - dans la nominations des postes administratifs clés - les relations amicales et parentales au détriment des compétences ; démantèle l’enseignement et renforce le renseignement, traite en ennemis les pourfendeurs du gouvernement et loue ses thuriféraires considérés comme de bons citoyens, au lieu de faire quelquefois une autocritique pondérée quant à l’exercice du pouvoir, toute personne douée d’un soupçon de raison peut savoir que les promesses d’émergence sociale, économique…qui y sont faites ad nauseam par ses autorités politiques ne peuvent qu’être illusoires et fallacieuses. Car l’émergence suit une trajectoire logique. Elle commence d’abord par une souveraineté politique et économique, passe ensuite par des dirigeants intègres, patriotes et travailleurs avant de s’appuyer finalement sur une population consciente, formée et très bien informée. À l’aune des étapes susmentionnées, notre pays semble très loin du compte. La France y est omniprésente dans beaucoup de secteurs stratégiques en attendant l’arrivée prochaine des États-Unis et la signature suicidaire des A.P.E. Nombre de nos dirigeants véreux ne se soucient pas des masses étranglées par le chômage et la pauvreté. Ils confondent souvent leurs poches avec les caisses de l’État. Dès lors la population, notamment les hommes intègres, découragés et désabusés, se désintéressent de plus en plus de la gestion des affaires de la cité pour ne se consacrer qu’à leur (sur)vie.
À moins de souffrir d’anosmie chronique, tout citoyen jouissant normalement de ses facultés olfactives ne peut ne pas sentir l’odeur nauséabonde qui envahit l’atmosphère de notre cher Sénégal ces derniers temps, pour ne pas dire depuis la première alternance. Des conditions opaques qui entourent la libération Karim Wade à la suspension du brave citoyen Ousmane Sonko, en passant par la ténébreuse affaire Bictogo, le limogeage du régisseur de Reubeus, et récemment celle de madame Nafy Ngom, et les atermoiements de nos autorités judiciaires devant les fameux protocoles de Reubeus, beaucoup de nos concitoyens sont déboussolés, pour dire le moins, face à ces événements qui méritent d’être élucidés.
On aura beau changer de gouvernements et de régimes, si on ne fait pas une froide et sincère introspection - en commençant par les autorités, qu’elles soient religieuses ou politiques - l’émergence tant chantée et magnifiée restera toujours une chimère.
Si changement véridique il doit y avoir pour notre société, il faudra qu’il passe forcément par la refondation de l’école. Celle-ci, admettons-le, a formé de valeureux citoyens. Or, sans l’enseignement des valeurs nobles, qui ont fait la fierté de nos dignes ancêtres, elle risque de ne plus remplir, comme il se doit, sa mission de socialisation, par le haut, de la jeune génération afin qu’elle soit prête à remplacer les hommes qui occupent notre espace politique depuis plusieurs années, lesquels, usés par le temps et fatigués par les multiples « transhumances » les ballotant d’un parti à un autre, dégagent désormais la pire des images auprès d’une population qui a perdu toute confiance en eux. Il nous faut du sang neuf, de nouvelles idées et des comportements exemplaires. Pour créer les conditions favorisant leur éclosion, il faut dorénavant investir dans l’éducation et la formation de la jeune génération, car « Il est plus facile de bâtir des enfants solides que de réparer des adultes brisés. » Frederick Douglas

Bosse Ndoye
Montréal
momarboss@gmail.com
Auteur de : L’énigmatique clé sur l’immigration ; Une amitié, deux trajectoires ; La rançon de la facilité



Modou Guèye n’oubliera pas de sitôt. Passé le bonheur de la naissance de son premier (...)

Lire l'article →

La pêche a contribué en 2015 pour 20, 8 pour cent à l’équilibre de la balance commerciale (...)

Lire l'article →

Le gouvernement a décidé de freiner la prolifération des essenceries dans la capitale. (...)

Lire l'article →

La forte affluence au niveau des commissions mises en place pour l’obtention de la (...)

Lire l'article →

Le footballeur professionnel, Cherif Ousmane Sarr, réclame 444 millions au marabout (...)

Lire l'article →

Le président Macky Sall a magnifié lundi à Yaoundé l’excellence des relations entre le (...)

Lire l'article →

L’absence de magasins de stockage et de camions frigorifiques fait perdre au secteur (...)

Lire l'article →

La Fédération nationale des cadres libéraux, après avoir réaffirmé hier sa confiance en (...)

Lire l'article →

Le prix au producteur du kilogramme d’arachide va connaître une hausse de 10 F CFA, en (...)

Lire l'article →

Avant de passer devant le juge, le 1er décembre prochain, pour répondre de l’accusation (...)

Lire l'article →

Le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, estime que la police et la gendarmerie (...)

Lire l'article →

Un conseiller municipal impliqué dans une affaire de braquage ? Aussi surprenant que (...)

Lire l'article →