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Nos sœurs, des esclaves sexuelles…

13/12/2017

La pratique, en cours en Arabie Saoudite, est grave. Assez préoccupante pour qu’on s’y attarde un moment. Car il n’est pas admissible que nos sœurs sénégalaises demeurent les esclaves sexuelles attitrées des Arabes dans un pays où la charia, la loi islamique qui réprime le vol, le viol, l’escroquerie, l’adultère et la fornication, est en vigueur, soi-disant. Une loi qui devrait être plus regardante du côté de ces employeurs saoudiens, devenus les bourreaux et violeurs de ces centaines de femmes de ménage convoyées en terre « sainte », pour réchauffer, admettons-le, les nuits froides de leurs employeurs, hommes ou femmes.

Le tourisme sexuel a souvent fait l’objet de dénonciation. Surtout lorsque ce sont des Européens et autres « toubabs » qui débarquent dans nos plages pour y chercher soleil, en s’offrant le marché des vierges, des mineures et autres femmes en proie à la facilité, cotées pour leurs performances au lit monnayées sur les côtes « Saly » du pays, de Mbour à Cap-Skirring. À ce drame contemporain subi et tu, vient se greffer le départ de nos sœurs vers des pays qui n’ont rien de démocratique, et où les droits de la personne humaine sont foulés au pied, au vu et au su des organisations internationales censées les défendre. Le touriste arabe, lui, ne paie pas de billet d’avion ; il reste dans son pays et attend, sagement, que des « privés » lui expédient, sur commande et depuis Dakar, des filles triées sur le volet, sous la couverture d’un emploi rémunéré, avec à la clé, un contrat alléchant.

Mais c’est l’autorité de l’État du Sénégal qui est interpellée ici au premier chef. Le président de la République et son gouvernement invités à prendre à bras le corps ce phénomène qui n’a rien de nouveau. En opérant d’abord un recensement exhaustif de toutes ces agences et organisations spécialisées dans les convois de femmes africaines, sénégalaises en particulier dans les pays arabes. Des agences qu’il faut traquer de la même manière qu’on traque ces mendiants devenus une plaie béante dans la capitale. Mais souvent, les autorités se trompent de priorité, si elles ne font pas montre de faiblesse devant les pétrodollars saoudiens, comme cela a été le cas pour l’envoi de troupes sénégalaises en Arabie Saoudite, selon la version officielle, une décision avalisée en solo, au mépris de l’avis des Sénégalais et de leur parlement représentatif…

Parce que depuis des décennies, nos mères, nos sœurs, nos épouses, ces braves femmes et filles se rendent en Arabie Saoudite, une terre « sainte » où leur statut, à l’arrivée, n’est pas très différent de cette pratique en cours à l’époque où l’être humain était commercialisé devant les comptoirs étrangers. À envisager la réciprocité d’un tel acte de mépris qui consisterait à transformer les femmes arabes résidentes au Sénégal, en esclaves sexuelles, on n’est pas loin de la crise diplomatique entre Dakar et Riyad. Hélas ! Nos sœurs qui ne coûtent des cent et des mille et donc sans grande valeur marchande ne seront à l’origine d’aucun incident diplomatique. Sujettes à l’esclavage moderne...

Les « esclaves » d’hier, contraints à la tâche ; alors que ceux d’aujourd’hui sont rémunérés, moyennant quelques services, sur la base d’un contrat où tout est faux ou presque, une fois la frontière saoudienne franchie. Faux parce qu’il s’agit, concrètement, de monnayer l’intimité de nos sœurs livrées à des prédateurs sexuels peu regardants de la loi islamique, si cette dernière ne leur sert de justificatif pour humaniser une pratique ancienne, sous une nouvelle forme dit moderne.

Dans un pays qui se respecte, ces agences de recrutement pour les départs en Arabie Saoudite auraient été dénoncées dans les médias, mises en demeure, fermées. Et leurs tenants, traduits devant les juridictions compétentes, une manière de décourager les éventuelles candidates au départ, et ainsi mettre leurs futurs bourreaux hors d’état de nuire. Mais l’État n’en fera rien.

Osons les termes : une femme de ménage qui devient une bonne à tout faire, à faire le ménage jusque dans pantalon du patron, cela s’appelle « prostitution » si consenti, du « viol » si contraint. De l’« esclavage » moderne en cas de non-rémunération.

Jeter l’opprobre sur ces braves femmes qui se rendent dans en Arabie pour gagner leur vie, jamais ! Mais il est temps, pour chaque Sénégalais, de se mettre à la place de ces victimes de plus en plus nombreuses à solliciter les médias pour appeler à l’aide, et demander leur rapatriement au pays. Pour que soit brisé enfin le silence de l’Etat, afin que nos sœurs, en Arabie ou ailleurs, cessent d’être les esclaves sexuelles des Arabes.



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