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Chronique du lundi
Moi l’Etat, moi le peuple...

16/10/2017

« L’évidence est une qualité de surface. » Mais dans l’univers politique, lorsqu’elle monte en surface, la plupart de nos gouvernants travaillent à la rendre plus évidente : pour en banaliser et transformer la vérité profuse en un mensonge confus.

C’est le tour de force et de passe-passe que le Président Nicolas Maduros a réussi au Venezuela. En effet, pour dénoncer sa politique et son mode de gouvernance, l’opposition avait appelé à une grève générale vendredi dernier. La veille, il annonce à la Télévision nationale une augmentation du salaire minimum de 40% dès le mois de novembre : à l’appel de l’opposition, répond ainsi le contre-appel du Président.

Mais au final, tout ceci n’aura été que comme la gigantesque clameur soulevée par la montagne de la fable. Qui, après avoir ameuté tout le voisinage, n’accoucha que d’une minuscule souris. De fait, la grève a été un échec total, faute de grévistes. La grève, dans certaines circonstances, est un luxe de quelques privilégiés. Car pour aller en grève, il faut trouver du travail et manger à sa faim.

Quant à l’augmentation des salaires, elle ne sera qu’un coup d’épée dans l’océan d’une inflation que le Fmi prévoit à 475% dans ce pays. Sur des sujets radicalement différents, mais dont les enjeux de pouvoir sont rigoureusement les mêmes, c’est exactement la même profusion dans la même confusion, que l’on observe actuellement dans notre pays, entre pouvoir et opposition. Situation fort cocasse, dont le point d’orgue aura été l’échafaudage dramaturgique que constitue la séance des questions orales des députés au Premier ministre.

Que résume parfaitement le journal Le Quotidien : « L’opposition dénonce, le pouvoir charge le régime de Wade. » Charger pour se décharger, obstruer les droits de l’opposition pour esquiver les devoirs de sa charge. Telle semble être aujourd’hui la stratégie du gouvernement. Qui passe tout son temps à parler de et à l’opposition et non au peuple des problèmes qui le préoccupent au quotidien. Cet échange hypothétique, sous forme de prétérition, en est une parfaite illustration : « Je ne suis pas venu parler de pétrole et de gaz.

Le Burkina Faso vient d’en parler avec Frank Timis, à travers une commission parlementaire. (…) », lance Mamadou Diop Decroix au Premier ministre. Celui-ci non plus, ne parle ni de pétrole ni de gaz, mais s’enflamme et enflamme l’opposition : « Si vous m’aviez posé la question, je vous l’aurais retournée, parce que vous connaissez mieux que moi l’homme dont vous parlez.

Lorsqu’il signait des contrats avec le Sénégal, Macky Sall n’était pas venu au pouvoir. » Soit, mais aujourd’hui qu’il est au pouvoir, en attendant demain un autre Président, c’est à Macky Sall que revient la prérogative exclusive et le devoir impérieux de s’occuper de nos problèmes, y compris ceux créés et laissés en héritage par ses prédécesseurs. A moins que par son comportement et celui de son gouvernement, M. Dionne veuille donner raison à Nietzsche, selon qui : « La vérité importe peu à l’Etat, seul lui importe tout ce qui lui est utile, que ce soit vérité, demi vérité ou erreur. » Car à l’en croire, « l’Etat, c’est le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de la bouche de l’Etat : moi l’Etat, je suis le peuple. »



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