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Abdoul Mbaye, ancien Premier ministre
« Les constats du rapport d’octobre du Fmi sont ceux d’un recul »

10/12/2016

Juin 2014 a sans doute marqué la fin d’une période faste pour la région subsaharienne. Période faite de cours de produits de base élevés et d’une liquidité mondiale abondante, a relevé l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye. Modérateur à la cérémonie de lancement du rapport du FMI intitulé « Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne », tenu le mardi 27 octobre 2015 à Dakar, il a trouvé nécessaire de « s’adapter, désormais, à cette nouvelle conjoncture, et d’en tirer les leçons d’une économie mondiale faite de cycles hauts et bas, en construisant des capacités de résilience face aux chocs. L’exemple d’autres régions du monde doit inspirer la nôtre. Le levier de la compétitivité a toujours joué un rôle clé dans la croissance durable des autres pays du monde, et tout dernièrement en Asie ».

Malheureusement, regrette M. Mbaye, « les constats faits par le rapport d’octobre sont ceux d’un recul de la compétitivité en Afrique subsaharienne. Elle est également, la région la plus mal classée au regard de l’indice mondial de compétitivité ».

Face à cette situation, il dit voir « comme axe majeur d’intégration interne les campagnes devant nourrir les villes. Dans un axe comme dans l’autre, la petite taille des marchés nationaux et la faiblesse des revenus des consommateurs imposent le recours à l’intégration régionale par la tombée des barrières douanières et non tarifaires, et la réalisation d’infrastructures répondant notamment à l’impératif logistique. Les chaines de valeur doivent donc être construites en priorité dans une perspective sous régional, sans jamais renoncer aux opportunités venues du reste du monde ».

« La région la plus mal classée au regard de l’indice mondial de compétitivité »

Rappelant que « la région avait également profité dans une large mesure de conditions de financement mondial particulièrement favorables pour soutenir la croissance de l’investissement tant public que privé », il a souligné que « la conjoncture s’est aujourd’hui retournée : les marges souveraines augmentant et les capacités d’emprunt des pays de la région seront en baisse rapide pour des raisons budgétaires et de viabilité de la dette. Le financement extérieur se montrera immanquablement frileux et plus cher. Un ralentissement plus prononcé en Chine pourrait avoir pour conséquence un repli plus important des cours des produits de base. Une réévaluation des risques pourrait alors provoquer des sorties de capitaux, créer des tensions sur les taux de change, rendre les financements très coûteux et même inaccessibles ; entraînant des ajustements budgétaires plus lourds et une baisse plus marquée des taux de croissance. L’inflation qui en résulterait pourrait en outre provoquer un resserrement de la politique monétaire et freiner encore davantage la croissance », a-t-il confié au cours de son discours introductif.

Ce qui pourrait créer des tensions

Alors que les revenus et recettes se réduisent du fait de cette conjoncture particulière, Abdoul Mbaye a jugé « essentiel de rappeler que le rapport d’avril 2015 avait attiré l’attention sur un futur qui a déjà démarré. La transition démographique de la région en fera à l’horizon 2035 le plus gros contributeur de main d’œuvre à l’échelle mondiale. La région devra être en mesure, dans une hypothèse basse de créer 18 millions d’emplois à forte productivité par an jusqu’en 2035, ce qu’elle n’a jamais pu faire. À défaut, on devine sans peine les graves problèmes économiques et sociaux auxquels elle devra faire face ».

Il est nécessaire de recourir à une double thérapie. Il s’agit selon lui, de « la théorie de l’urgence et celle du moyen terme avec décisions immédiates. Parce qu’il est désormais grand temps de réexaminer et de remettre en cause la nature de l’intégration de notre région à l’économie mondiale. Les données et constats tirés des rapports d’avril et d’octobre de cette année permettent de mettre en exergue que, après souvent près de 60 années de politiques économiques indépendantes, la région est restée prisonnière de la non-diversification de son économie. Et à la fois, la nature et le fort degré de sa dépendance vis-à-vis de l’économie mondiale ne lui donne que très peu de maîtrise sur le pilotage de sa croissance ».

L’un des grands mérites des deux rapports est d’insister, au-delà des mesures de l’urgence, sur la nécessité de rechercher des solutions durables permettant de faire face au choc actuel qui ne sera sans doute pas temporaire, et ceux à venir.

« Ce dont devraient se préoccuper les politiques publiques … »

Pour ce faire, le rapport d’avril appelait les politiques publiques à corriger la dépendance à l’égard des matières premières et d’une agriculture non suffisamment productive. Dans un contexte de retour à des ajustements budgétaires et de conditions d’accès aux financements extérieurs devenus plus difficiles elles devaient se préoccuper, entre autres, de relever la productivité agricole, de diversifier l’économie vers des activités à forte intensité de main d’œuvre ; de poursuivre la couverture des besoins d’infrastructures, indique-t-il. Il a toutefois, noté que « les politiques publiques devaient donc retenir le recours accru au secteur privé comme indispensable pour soutenir ou relever la croissance économique, alors que ce dernier aura une tendance naturelle au repli en raison de perspectives assombries ».

Elles devaient, à en croire l’ancien chef de gouvernement, faire procéder à la levée de toutes les contraintes à l’investissement privé par une action sur les goulots d’étranglement infrastructurels ; engager sans délai un processus d’amélioration du climat des affaires en insistant sur celle de l’indicateur de primauté du droit ; chercher à réduire les écarts de rémunération et de flexibilité entre les marchés du travail informel et du travail formel ».

À propos de ce rapport, M. Mbaye dira que « l’amélioration de l’accès au crédit et l’inclusion financière sont également au nombre des objectifs pressants, devant aider à accroître la contribution du secteur privé aux performances économiques de la région. Toutes recommandations confirmées par le rapport d’octobre du FMI.

Seneweb



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