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Le procès Hussein Habré
La défense de l’ancien Président tchadien démonte le rapport du témoin Abakar et s’interroge sur le rôle de Déby de 1982-1990

24/09/2017

Le dernier jour de l’audition du témoin Mahamat Hassan Abakar, hier, n’a pas été de tout repos face à une défense très déterminée à exploiter les failles de ce rapport de la Commission Nationale d’Enquête publié en 1992. La défense a, par ailleurs, invité, le témoin de matérialiser l’implication de Hussein Habré sur l’organisation de la Dds et son fonctionnement et donner le rôle joué par Idriss Déby Itno de 1982 à 1990.

Les avocats commis d’office pour défendre Hussein Habré, Mes Mbaye Sène, Mounir Ballal et Abdou Gningue, ont tenu à exploiter toutes les failles de ce rapport soutenu par Mahamat Hassan Abakar. Certaines déclarations du témoin n’ont pas convaincu la défense. Ainsi, après sa déposition devant les Chambres africaines extraordinaires et les questions de la partie civile, Me Abdou Gningue a invité le président de la Commission Nationale d’Enquête à justifier ses allégations parce que n’ayant pas des éléments objectifs relatifs à l’implication de Hussein Habré dans ce qu’on lui reproche. « Les liens d’implication d’Hussein Habré ne peuvent pas se faire par écrit, mais l’ordre s’exécutait. M. Saleh est quelqu’un qui lui rend compte quotidiennement et reçoit aussi des ordres de la part de Habré », a rétorqué M. Abakar. Quant à l’organisation de la Dds, il a renseigné que « l’ancien directeur de la Dds, M. Saleh Younouss, ne pouvait pas prétendre organiser la Dds sans consulter Hussein Habré ». D’ailleurs, a-t-il indiqué, le décret créatif de la Dds en 1982 rattachait directement la Dds à la présidence de la République. Le décret stipulait : « Le ministre de la Défense assure la tutelle de la Dds ». « Malgré la clarté de ce décret, c’est le président de la République qui recevait les courriers, les comptes-rendus. La nomination des directeurs, des chefs d’agence, et même des traducteurs, c’est Habré même qui les nommait », a-t-il dit révélant que c’est le Président qui nommait également ses proches collaborateurs comme Saleh Younous et Guihini Koreï. Et Me Gningue de rappeler au témoin que l’ancien directeur de la Dds et neveu d’Hussein Habré, Guihini Koré, a affirmé dans son interrogatoire organiser la Dds et donner les ordres. Et, en 1989, Guihini Koreï a demandé d’arrêter tous les ressortissants des Zaghawa. « Je ne pense pas qu’il a ce pouvoir pour ordonner l’arrêt de tous les ressortissants Zaghawa. C’est Hussein Habré qui donnait directement les ordres à ses directeurs », a-t-il objecté.

Pour ce qui est du conflit Tchado-lybien, le témoin a souligné dans son rapport que c’est Hussein Habré qui a amplifié le différend. « Le conflit Tchado-lybien a été amplifié par Hussein Habré », a soutenu M. Abakar selon qui l’ancien Président pouvait faire du Tchad un pays stable, s’il avait laissé les partis politiques prospérer. "Nous aurions souhaité mieux pour avoir un pays stable. Mais, malheureusement pour le peuple tchadien, il a fait du Tchad ce qu’il en est aujourd’hui", a-t-il regretté.

« Idriss Déby n’est pas n’importe qui dans le système de Habré »

Par ailleurs, le rôle joué par l’actuel Président du Tchad, Idriss Déby Itno, pendant le règne de Hussein Habré, est revenu dans les débats. Me Mbaye Sène a demandé au témoin d’expliquer les fonctions occupées par Idriss Déby de 1982 à 1990. Pour Me Sène, Idriss Déby n’était pas n’importe qui dans le système de Habré. En tant que Commandant en chef, il était au cœur du système. Les militaires étaient chargés de protéger le territoire. « Idriss Déby était le commandant en chef de l’armée tchadienne », a répondu le témoin. Mais, la question de Me Mbaye Sène était de savoir pourquoi M. Abakar n’a pas jugé nécessaire d’essayer de l’interroger pour savoir ce qu’il a fait et de quoi il est responsable. « Je ne peux pas répondre à cette question », lui a-t-il rétorqué malgré l’insistance de l’avocat.



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