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Transferts internationaux
La Bceao bloque Orange Money

25/09/2017

Ceux qui avaient l’habitude, via Orange Money, d’envoyer ou de recevoir de l’argent des pays non membres de l’Uemoa devront trouver un autre moyen de faire leurs opérations. Fin février, la Bceao a demandé à Orange de « mettre fin, sans délai (aux) opérations de transfert international d’argent qui sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer ». Sont concernés : Orange Finances Mobiles Mali, Orange Money Côte d’Ivoire et Orange Finances Mobiles Sénégal.
« Comme le précisent les dispositions pertinentes du Règlement relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’Uemoa, ces opérations relèvent exclusivement de la compétence des établissements de crédit installés sur le territoire d’un État membre de l’Uemoa ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés », rappelle la Bceao dans une note transmise à Jeune Afrique, qui rapporte l’information.
Le magazine précise que l’opérateur de téléphonie avait obtenu, en mars 2016, trois agréments pour l’émission de monnaie électronique au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire. Ceux-ci ne couvrent pas les transferts de devises étrangères.
Renoncer au service ou créer une banque
Selon la même source, c’est en juin 2016 que l’offre a été étendue à la France, ce qui permettait aux usagers de transférer de l’argent depuis l’Hexagone vers la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal. Jeune Afrique indique qu’il se murmure en interne qu’Orange croyait qu’il pouvait s’autoriser une telle liberté, invoquant notamment la garantie du F CFA par la banque de France.
« C’est une lecture erronée, détricote-t-on du côté de la Bceao. La France au titre de la réglementation bancaire ouest-africaine est un pays étranger. Si un usager envoie 20 euros (13 100 francs CFA) depuis Paris, et que la somme est payée en F CFA au Sénégal, c’est bien un débit pour la banque et donc un débit de devises pour la Zone Uemoa. »
Par ailleurs, souligne la source du magazine panafricain, la Bceao n’a aucune visibilité sur le volume des transferts. « Pour le seul Sénégal, les transferts annuels de la diaspora atteignent 200 milliards de F CFA. Que se passerait-il s’ils transitaient tous par Orange Money ? », interroge la source en question.
Le volume de ces transferts est marginal, jure Orange. Qui s’empresse de plaider pour une solution à l’amiable avec la Bceao. Une réunion s’est tenue à ce propos le 9 mars à Dakar. Thierry Millet, le directeur des services financiers mobiles du groupe Orange, y a représenté l’opérateur. La Banque centrale lui a signifié qu’« ils doivent renoncer à ce service en l’état, sauf à créer une banque ».



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