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L’impérieuse nécessité du TER pour améliorer les conditions de transports à Dakar

24/09/2017

L’agglomération de Dakar représente 0,3% de la superficie nationale, concentre 23 % de la population sénégalaise, 50% de la population urbaine et 66% de l’activité économique du pays. 72% du parc automobile immatriculé, soit environ 324 000 véhicules circulent à Dakar.
Ce parc enregistre une croissance de 10% par an. Dans une perspective d’accroissement du taux de motorisation des ménages, du fait d’une augmentation de la richesse (taux de croissance économique de 6.6%), la part modale de la voiture, qui assure aujourd’hui seulement 10% de l’ensemble des déplacements (7,2 millions de déplacements quotidiens) dans l’agglomération de Dakar connaitra de fortes évolutions. Ce taux est à 40% dans les pays émergents au niveau desquels notre pays veut se hisser. Cette projection, dans un contexte urbain où le réseau routier atteint déjà ses limites de capacité, demande une action publique forte en faveur des transports collectifs.

Par ailleurs, la configuration de Dakar, sous la forme d’une presqu’île, combinée à une urbanisation bipolaire (activités administratives et commerciales au sud et habitat au nord), marquée par une rapide expansion vers le nord de la ville ont accru la pression sur les besoins de services urbains, en particulier de mobilité urbaine. A cela, s’ajoute un contexte de forte croissance démographique : 2,6 millions d’habitants en 2005, 3,3 millions d’habitants en 2015 et + 100 000 habitants environ annuellement.
La combinaison de tous ces facteurs entraine un problème structurel de mobilité (offre inadaptée, nouveaux besoins de déplacement, parc automobile en croissance, congestion de la circulation etc.) dont les externalités négatives avaient été estimées par la Banque mondiale à plus de 100 milliards par an.
A cette question structurelle d’offre de transport, des réponses innovantes et adaptées doivent être apportées. Deux leviers sont actionnés grâce à la vision du Président de la République, Son Excellence Macky Sall :
Aménagement du territoire : nouveaux pôles urbains (Diamniadio, Lac Rose etc., redéploiement de l’activité économique (parc industriel Diamniadio, DISEZ, Port sec à Tambacounda, etc.) ;
Transports de masse à forte capacité : Train express régional (TER) et Bus Rapid Transit (BRT).
Justification économique du Train Express Régional Dakar-Diamniadio-AIBD
Le TER est un transport de masse qui assurera, dès 2019, la liaison entre Dakar et Diamniadio, en acheminant 115 000 voyageurs par jour. A terme, il permettra de rejoindre le nouvel aéroport AIBD depuis Dakar en 45 minutes. Son coût pour la première phase (Dakar-Diamniadio) est de 568 milliards, dont 110 milliards pour l’Etat et 458 milliards pour les Partenaires Techniques et Financiers. 458 milliards ont été empruntés à des taux concessionnels ou semi concessionnels (moyenne 3% et délai de remboursement 25 ans). Ce qui correspond à un service de la dette d’environ 26 milliards par an. Ces 26 milliards doivent être mis en perspective avec les 100 milliards perdus par l’économie sénégalaise avec la congestion de la circulation à Dakar. Nous voyons donc que le TER fait même gagner à l’Etat au moins 74 milliards par an (100 – 26), sans compter les autres bénéfices socioéconomiques liés au projet, y compris la structuration de l’urbanisation. Le coût de renonciation du TER serait donc énorme car, avec l’émergence et le développement des activités économiques, les externalités négatives induites par l’absence de transport de masse dépasseraient de loin les 100 milliards de pertes estimés pour l’économie.
Pour lever toute équivoque, il faudrait revenir de manière précise sur le marché de fourniture du matériel roulant (15 trains de type Coradia) attribué à Alstom et financé par l’Agence Française de Développement ainsi que le Trésor français, pour 107 milliards de FCFA. Ce montant ne constitue que 19,% du coût global de la première phase constituée par d’autres marchés (infrastructure du TER, systèmes, ripage de la voie métrique, gares, …). Ce qui devrait suffire à faire taire les contrevérités sur le sauvetage d’Alstom par le projet sénégalais de TER. L’entreprise en question a fait en 2015/2016 un chiffre d’affaires de 4 585 milliards de FCFA. Plusieurs commandes sont en cours pour le matériel roulant bi-mode (diesel et électrique) de dernière génération dont va se doter le Sénégal : 1000 TER en France, livrés progressivement jusqu’en 2025 ; des TER en Algérie avec une livraison prévue à partir janvier 2018. Dans un autre registre, il faut noter la commande récente des trains TGV de dernière technologie pour relier Boston à Washington ainsi que plusieurs marchés de fourniture de matériel roulant ferroviaire dans le monde.
Revenons donc sur l’étude d’évaluation socio-économique qui justifie, à plusieurs égards, l’opportunité d’investissement. Parmi les effets positifs du projet, peuvent être considérés entres autres :
l’accompagnement de la croissance démographique de l’agglomération dakaroise, chiffrée à 3% par an ;
l’amélioration des conditions d’exploitation des transports publics, en procurant des économies de compensation (PTB et DDD) estimées à 4,5 milliards de FCFA annuellement ;
le développement du trafic de marchandises avec le ripage et le renouvellement de la voie métrique ;
la réduction de la congestion routière en circulation comme en stationnement avec respectivement, l’économie de 1,32 millions d’heures par an pour les automobilistes et de plus de 3000 places de stationnement ;
la réduction des émissions de gaz à effet de serre (CO2) ; une contribution aux engagements de l’Etat du Sénégal face aux défis climatiques, avec 8500 tonnes de CO2/an économisés en 2025.
La liste de ces effets positifs n’est pas exhaustive. En effet, le TER va aussi permettre une création massive d’emplois et un transfert important de technologies :
Le TER créateur d’emplois :
Pendant les phases travaux et d’exploitation, ce seront près de 10000 emplois directs ou indirects qui seront créés. Ce qui, outre la formation, permettra à des milliers de jeunes de trouver un emploi et des qualifications professionnelles pointues.
Le TER vecteur de transfert de technologies et de formation
Tenant compte de la nécessité d’augmenter en permanence le niveau de connaissances et de compétences dans le domaine ferroviaire, le protocole préparant la mise en exploitation du TER et sa maintenance prend en compte, en accord avec la SNCF et la RATP, la mise en place d’un centre de formation dédié à la mobilité urbaine. La maîtrise dans la durée de l’innovation technologique qu’introduit le TER dans le système de transports dakarois implique de faire de la formation des ressources humaines une priorité indissociable de la mise en œuvre du projet. En complément de cette démarche et en vue de la mise en exploitation du TER projetée en janvier 2019, une masse critique de personnes sera recrutée et formée, en mettant à profit la phase travaux du projet.
Le protocole signé avec la SNCF et la RATP en vue de l’exploitation du TER favorisera un transfert de technologies qui permettra à notre pays de disposer des outils et des compétences nécessaires dans le domaine de l’exploitation et de la maintenance ferroviaire
Rentabilité financière du TER
En plus de sa rentabilité économique, le TER dégage aussi, sur la base d’hypothèses réalistes, un taux de rentabilité interne de plus de 15%, dès sa mise en service.
Il est important de relever à ce niveau que le TER s’inscrit dans une démarche globale de planification du réseau ferroviaire national. Son phasage tient compte de la rentabilité socio-économique des investissements, avec un déploiement progressif pour relier Diamniadio à AIBD, mais aussi pour rejoindre demain Mbour, Thiès, Saint Louis et Tambacounda en écartement standard. L’expression « Régional » dans Train Express Régional prend tout son sens à cet effet.
Le BRT, un système de transport de masse complémentaire au TER
Le TER, qui apporte une réponse structurelle, à travers la planification d’un système de transport moderne, est complété par un autre projet de transport de masse : les Bus Rapides sur Voies Réservées (Bus Rapid Transit en anglais - BRT). Le BRT desservira la région de Dakar du Nord au Sud, en reliant le Centre-ville à Guédiawaye en 45 minutes (au lieu de 90 mn actuellement).
Pour la première phase de cette expérience pilote, l’objectif est de construire l’infrastructure d’une ligne de 18,3 km qui traverse 14 communes, en desservant 20 stations et 3 pôles d’échanges.
La Banque mondiale a exprimé son engagement pour accompagner l’État du Sénégal à hauteur de 330 millions de $ soit 181 milliards de F CFA (1$= 550 FCFA). Les études techniques et la préparation du projet sont en cours avec la Banque mondiale et la Société Financière Internationale (IFC). La mise en mise en service du BRT est prévue fin 2018.
Le TER et le BRT permettront de desservir les zones périphériques et les quartiers denses de l’agglomération, en contribuant à coup sûr à la réduction de la congestion automobile. Le réseau de transport public sera restructuré avec des lignes de rabattement permettant la connexion à ces nouveaux systèmes. Avec un ticket unique, l’usager aura le plaisir d’utiliser successivement le TER et le BRT.



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