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PIERRE GOUDIABY ATEPA
« JE NE SUIS PAS UN PYROMANE »

07/12/2016

« Pierre Goudiaby allume le feu pour s’ériger en sapeur pompier. » Cette accusation d’Abdoulaye Wade est consécutive au tollé suscité par la déclaration de l’ancien chef de l’État qui, réagissant aux critiques contre l’érection du monument de la Renaissance, dans un pays à majorité musulman (l’islam réprouve les statues à représentation humaine), signala que les chrétiens ont leur crucifix et ça ne gêne personne. Wade, alors à la tête du pays, était convaincu que c’est son architecte-conseil qui était derrière les remous provoqués par sa sortie maladroite.

Atepa avait rejeté l’accusation. Aujourd’hui encore, il la balaie d’un revers de main. Avec force et une pointe d’humour. S’érigeant en chevalier blanc de la défense du bien commun. « Il m’arrive d’allumer des feux pour que les gens se rendent compte des dangers. Mais je n’allume jamais un feu à dessein ; je ne suis pas un pyromane », a-t-il déclaré ce dimanche sur le plateau du Grand Jury de la Rfm dont il était l’invité.

C’est qu’Atepa ne laisse personne indifférent. Souvent, lorsque son nom est mêlé à une affaire, la controverse n’est pas loin. Son implication dans la réalisation de certains grands projets de Wade, son rôle dans la recherche de la paix en Casamance, ses relations avec certains chefs d’État africains à la réputation sulfureuse, son implication dans les Panama Papers…, et le combat qui le place aujourd’hui au cœur de l’actualité : la lutte pour la préservation du littoral.

« J’ai failli être un pilleur de la Corniche »

Pierre Goudiaby assure que s’il se bat pour la préservation du Domaine public maritime, c’est qu’il a eu une révélation. « J’ai failli être un pilleur de la Corniche, lorsque j’ai voulu construire une maison à Yoff », avoue-t-il. C’était il y a quarante ans. Le président Senghor, raconte-t-il, s’oppose à son projet et lui adresse une lettre dans laquelle il lui explique que la Domaine public maritime doit rester publique et qu’il a donné des instructions afin que personne n’y construise. « C’est à partir de là que j’ai viré ma cuti », indique l’architecte.

De son point de vue la restitution par Macky Sall de son terrain sur la Corniche, mis à sa disposition par Wade à l’époque où il était Premier ministre, répond à cette même logique. Itou pour la décision de Serigne Bara Mbacké, défunt Khalife des mourides, de restituer des mètres carrés que Wade lui avait cédés sur la Corniche. Atepa révèle que c’est lui qui avait sensibilisé le guide de Touba sur le caractère public de Domaine maritime et la nécessité de renoncer à « son » bien.

Ce combat, l’architecte jure qu’il le mènera sans relâche. Pour trois raisons. Il liste : « 1. Je suis architecte ; l’environnement fait partie de mon boulot. 2. Je suis riverain de la Corniche. 3. Je suis convaincu que le bien public doit rester public. » Mais n’allez pas croire que Pierre Goudiaby est contre le progrès. « Nous n’avons jamais dit qu’il ne faut pas aménager la Corniche », avertit-il. Il se dit prêt à supporter tout projet prévu sur place et répondant à trois conditions : 1. Que tout le monde voie la mer. 2. Que tout le monde ait accès à la mer. 3. Que les aménagements occupent 33 % des surfaces et que le reste soit affecté aux espaces verts et aux autres espaces publics.

Visiblement, l’hôtel Terrou-Bi et Aïdara Sylla, avec qui Atepa est en bisbilles, n’ont pas respecté ces conditions dans le cadre de leurs projets immobiliers sur la Corniche. L’architecte juge inacceptable que l’hôtel, après avoir acquis 1 hectare à… 60 millions de francs CFA, décide d’étendre son établissement en récupérant la « Plage des enfants », située pas loin. Il n’en pense pas moins de la volonté d’Aïdara Sylla d’ériger un hôtel sur la Corniche alors qu’il a déjà vendu à 3 milliards de francs CFA une partie (7000 m2) des 17 ha qu’il a acquis à… 42 millions de francs CFA.

La vérité sur le différend avec l’Ordre des architectes

Autre sujet majeur ayant été au menu du passage de Pierre Goudiaby au Grand Jury, ses rapports froids avec l’Ordre des architectes du Sénégal. Atepa reconnaît qu’il n’est plus membre de l’Ordre, mais réfute la thèse selon laquelle il en a été exclu. Il considère être simplement suspendu. Et à sa demande. À l’en croire, le problème remonte à une quinzaine d’années.

À l’époque, rembobine-t-il, il avait demandé la suspension de son inscription à l’Ordre suite à un différend avec ses pairs. Lequel avait pour origine la Cité des professeurs pour l’érection de laquelle il avait remporté l’appel d’offres. Lorsqu’il a facturé à ses clients 20 millions par appartement, ceux-ci ont jugé le coût insupportable pour l’État. Atepa jure avoir divisé la facture en deux tout en proposant aux professeurs d’université de faire « de la régie », c’est-à-dire que c’est lui-même qui va désigner l’entrepreneur du projet.

Il se tourne alors vers ses pairs pour leur demander d’ouvrir le débat afin que les architectes puissent faire de la régie, c’est-à-dire « qu’on puisse avoir au Sénégal des architectes bâtisseurs » et non des entrepreneurs. Veto de l’Ordre des architectes. Il demande sa suspension, « qui a été acceptée ». Mais cette suspension se muera en exclusion.

Il conteste cette décision de l’Ordre des architectes, qui, jure-t-il, ne l’a traduit devant le conseil de discipline de l’organisation dont il a participé à la rédaction des textes, en tant que co-fondateur, et est le premier président sénégalais. Ce que, selon Atepa, « beaucoup de Sénégalais ne savent pas ».



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