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Abdoulaye Wade et Jeune Afrique
Hasard de calendrier ou commande payée ?

07/12/2016

Depuis que Abdoulaye Wade a compris que le cas de Karim Wade était désormais scellé du sacro-saint principe juridique de l’autorité de la chose jugée, il est prêt à tout, on dit bien tout, pour faire sortir son fils de geôle. Evidemment, Abdoulaye Wade se sent lui même coupable d’avoir placé son fils au cœur des affaires de notre pays et par ricochet de l’avoir mis dans ces beaux draps. Ministre du ciel, de la terre et de la mer, Karim Wade ne l’a été que par le seul fait de son père et sous l’œil bienveillant de sa mère Viviane Wade qui savait bien qu’une telle chose n’aurait jamais été possible chez elle, en France. Abdoulaye Wade savait tout aussi bien que rien ne justifiait un tel accaparement, ni la morale, ni l’expérience de Karim Wade, ni sa formation académique, somme toute banale, encore moins un quelconque combat qu’il aurait mené pour le Sénégal ou pour les sénégalais. Les sénégalais ne l’ont connu qu’à l’arrivée de son père au pouvoir et pourtant, combien de jeunes de son âge ont à l’époque sacrifié leurs études pour la cause du Sopi ? La justice sénégalaise a tenu un procès juste et équitable et a condamné définitivement Karim Wade. Les sénégalais épris d’objectivité et qui n’ont pas la mémoire courte se rappellent du train de vie princier que menait Karim Wade, train de vie certainement pas payé par son salaire de ministre, seul revenu qu’on lui connaissait en ce moment. La justice a découvert qu’il avait « patrimonalisé » des pans entiers de notre économie, en créant ses propres sociétés au niveau des secteurs les plus juteux, comme le port et l’aéroport. La justice a pu retracer les milliards de nos francs qui sont passés sur ses comptes à Monaco. Tout cela, Abdoulaye Wade le sait et certainement se mord les doigts de n’avoir pas tenu son fils à l’écart des affaires de l’Etat comme ses prédécesseurs, Senghor et Abdou Diouf. Pour sortir son fils de prison, Abdoulaye Wade est prêt à déstabiliser le régime de Macky Sall par tous les moyens. D’abord, des tentatives de mobilisation populaire qui au fil des programmations maigrirent comme peau de chagrin. Ensuite, ce fut des invectives jamais entendues de la bouche d’un ancien chef d’Etat. Puis, les demandes d’intervention intempestives auprès de nombreux présidents africains qui reviendront toutes insatisfaites. Et voilà que Abdoulaye Wade, l’homme qui a gracié les assassins de Maitre Sèye renoue avec ses bonnes vieilles méthodes. On apprend qu’il a remis en service un cabinet de lobbying parisien à l’époque chargé de son image pour s’occuper de faire exactement le contraire à l’encontre de son tombeur d’un certain 25 mars, à savoir salir l’image du Président Macky Sall. Il s’agit de calomnier et de calomnier encore pour qu’il en reste toujours quelque chose. D’abord l’affaire Lamine Diack, un journal aussi sérieux que le Monde qui parle de financement de la campagne de Macky Sall pour ensuite se rétracter et présenter des excuses. Puis, dans la même semaine, c’est autour de Moustapha Niasse d’être faussement accusé à partir de Paris de deals douteux en Guinée Equatoriale. Et maintenant, Jeune Afrique propriété d’un Arabe bon teint qui ne peut ignorer nullement la gravité de l’affront de la caricature de Serigne Touba au Sénégal. Et encore une fois, de simples excuses quand le mal est déjà fait. Ceux qui connaissent bien le milieu de la presse afro-française n’ignorent point les très bonnes relations d’affaires qui existent entre Abdoulaye Wade et Béchir Ben Yahmed. Car Jeune Afrique, hélàs, c’est aussi un outil d’affaires pour son propriétaire, c’est bien connu. Les pays qui s’achètent régulièrement des publi-reportages y ont bonne presse quoiqu’ils fassent ! On est en droit de se demander comment se fait-il qu’un journal aussi expérimenté que Jeune Afrique appartenant à un tunisien d’origine ait pu publier une caricature infamante de Cheikh Ahmadou Bamba sans imaginer la réaction d’indignation que cela pourrait déclencher. Manifestement il y’a eu intention de nuire ! Et c’est à se demander s’il n’y’a pas eu commande grassement payée par quelqu’un qui cherche à déstabiliser le régime de Macky Sall, comme cherchât plusieurs fois à le faire Abdoulaye Wade. En tout cas, le hasard des évènements se fait bien trop précis pour qu’on ne cherche pas à savoir qui est derrière Jeune Afrique.

Asma Ibou Sène, Politologue

Rouen, France



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