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France-Afrique : des relations, un paradoxe ! (le cas du Mali)

03/12/2016

Quand elle (la France) intervient on dénonce son ingérence, voire son « néocolonialisme », quand elle s’abstient, on lui reproche son « indifférence » et lui rappelle sa « responsabilité historique », cette remarque d’Antoine Glaser, dans Comment la France a perdu l’Afrique ? semble bien décrire le paradoxe et la complexité des relations qu’entretient la France avec ses anciennes colonies de l’Afrique francophone. Ces relations sont pour le moins ambigües et difficiles à définir. Pour autant, elles semblent toujours subsister à cause entre autres de la pusillanimité de certains chefs d’État africains, obnubilés par le pouvoir, qui veulent être indépendants sans pour autant couper le cordon ombilical colonial qui les lie à l’ancienne métropole - qui pourrait leur servir de rempart en cas de difficultés -, et l’attitude velléitaire de la France qui, pour ses intérêts économiques, politiques et géostratégiques, prône une rupture tout en restant présente sur le continent à travers ses bases militaires : Gabon, Djibouti, Tchad...C’est pas alors étonnant que le divorce, qui a été prononcé il y a plus d’une cinquantaine d’années, ne soit pas totalement consommé jusqu’à présent. On est sûrement loin du temps des interventions aussi ostentatoires qu’humiliantes, comme le fut le cas l’opération Barracuda, parce que le contexte international ne s’y prête plus, mais l’influence et les interventions françaises semblent avoir pris d’autres formes. Avec certains États, de plus en plus faillis, qui ont presque perdu le monopole de la violence légitime sur leur territoire pour citer Weber, le moindre désordre ou mouvement de contestation est l’occasion ou le prétexte pour certains présidents africains de faire appel à l’ancienne colonie dont ils veulent se démarquer en même temps. Or, c’est maintenant devenu une vérité de la Palice que de dire que les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts, tant cette affirmation devient évidente dans les relations internationales de tous les jours. Les interventions au Mali des forces spéciales américaines et françaises lors de la prise de l’hôtel Radisson sont encore un peu plus une perte de souveraineté pour ce pays. D’aucuns pourraient dire que c’est trop facile de critiquer et d’accuser les Occidentaux à chacune de leurs interventions, parfois nécessaires sur notre continent. Si les Africains sont incapables d’assurer la sécurité de leurs concitoyens, encore moins celle de ressortissants étrangers sur leur sol, il faudrait que quelqu’un d’autre le fasse à leur place. À ceux-là il faut répondre, qu’ils n’ont pas tort, mais il est tout aussi légitime de se demander si cet événement s’était passé en Occident, et qu’il y avait des Maliens parmi les otages, y aurait-il eu l’intervention du Mali ? Avec une poignée de preneurs d’otages - deux d’après certains médias - y avait-il eu besoin de faire appel ou de demander l’aide aux forces spéciales françaises et américaines ? Qu’est-ce que le Mali va encore perdre de sa souveraineté après cette intervention ? Qu’avons nous fait pendant nos 55 ans d’indépendance ? Ne serait-il pas temps de mettre sur pied une force africaine forte qui assurerait la sécurité sur le continent quand un État ne peut pas faire face tout seul à une situation qui le dépasse ? Cela est d’autant plus nécessaire que beaucoup de pays occidentaux qui jouent aux pompiers sont généralement les pyromanes qui ont allumé les feux qu’ils prétendent vouloir éteindre. Ils cherchent souvent à dorer leur blason au niveau national en faisant des interventions loin de leurs frontières. « La sécurité précède le développement », nous disait Cheikh Anta Diop. La véracité de cette assertion se confirme tous les jours. Tout État qui prétend vouloir « émerger » doit, par lui-même, assurer sa propre sécurité.
Cela dit, nous compatissons à la douleur de nos frères Maliens et déplorons les nombreuses de la violence gratuite et aveugle dans le monde.
Bosse Ndoye
momarboss@gmail.com
Montréal



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