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Ibou Sané, politologue
Ce que Nafi Ngom Keita n’aurait pas du faire

03/12/2016

Le départ de Nafi Ngom Keita à la tête de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) est différemment apprécié. D’aucuns estiment qu’elle devait avoir un second mandat pour tirer au clair certains dossiers nébuleux. Alors que d’autres soutiennent le contraire et croient qu’il s’agit d’une décision purement politique.

Selon Ibou Sané, Professeur en Sociologie politique, le Président de la République, après avoir évalué le travail de Nafi Ngom Keita, est la seule personne qui a la prérogative de la garder ou de la faire partir. « On ne peut pas reprocher au chef de l’État de nommer aux emplois civils et militaires, car, c’est une prérogative qu’il a. Il est le seul maitre à bord », a-t-il noté. Avant de préciser que sa décision de remplacer Mme Keita par la magistrate Seynabou Ndiaye Diakhaté, devait être « ’la dernière solution »’.

Le politologue estime que Nafi Ngom avait commencé à « faire un excellent travail où certaines personnalités du Parti au pouvoir ont été épinglées ». Et la suite logique voudrait qu’on attende que la justice se prononce sur ces dossiers avant de la faire débarquer. Pour lui, cette décision est à la fois « problématique et suspecte ». Et veut dire sans doute, « chercher à protéger les gens de votre camp. Elle peut être interprétée comme un recul, en raison du contexte actuel, où certains dossiers ont été élaborés et mis à nu sur la place publique ».

C’est pourquoi Macky Sall aurait dû maintenir Nafi Ngom Keita à la tête de l’Ofnac, selon le Professeur de sociologie politique. « Je pense qu’on aurait pu la reconduire pour un second mandat, pour lui permettre d’aller au fond des dossiers. Parce qu’il faut qu’on arrive à des gestions saines, vertueuses, claires et que les Sénégalais refusent l’accaparement des ressources du pays », a-t-il souligné.

Faire partir Nafi Ngom Keita, selon Ibou Sané, « risque encore de laisser quelques traces dans la vie politique sénégalaise. Parce que, les gens pourraient l’interpréter en disant que son départ est lié à des problèmes politiques. Alors qu’on a besoin de ces types de femmes pour mettre un peu d’ordre dans les pratiques des hommes politiques, par rapport à l’argent ».

Le Professeur Sané estime qu’« il faut une démocratie qui soit à même de faire fonctionner la séparation des pouvoirs et que chacun puisse faire son travail correctement ».

Selon le sociologue politique, la démarche de l’ex-patronne de l’Ofnac n’a pas, peut-être, été bien appréciée par le pouvoir en place. « C’est une femme rigoureuse, méthodique et chevronnée, qui connait son travail. Elle était même en train de régler un certain nombre de problèmes des Sénégalais sur les enjeux de la démocratie et de la bonne gouvernance. Malheureusement, elle est partie. Et c’est vraiment dommage », a-t-il soutenu.

Toutefois, Ibou Sané juge Seynabou Ndiaye Diakhaté aussi rigoureuse que Nafi Ngom Keita. Et espère qu’elle jouera pleinement son rôle et que les Sénégalais vont changer leurs rapports à l’argent. Parce que, précise-t-il, « le mal des pays en voie de développement, c’est que notre rapport à l’argent est excessivement grave. Il faut donc qu’on ait une culture du bien commun et de l’intérêt général. Et qu’on ne touche pas aux deniers publics ».

Ce changement à la tête de l’Ofnac est perçu par Professeur Sané comme une décision à la fois politique et apolitique. D’autant plus que le maitre du jeu, c’est l’opinion. Parce que, « les règles du jeu ont été précisées dès le départ. Il s’agit d’un mandat renouvelable. Et si elles étaient encadrées dès le départ, peut être qu’il n’oserait pas y toucher.

Sur la question de savoir si l’ex-patronne de l’Ofnac a été coulée par une note des Renseignements généraux (Rg), suite à sa conférence de presse sur le dernier rapport et la procédure sur la déclaration de patrimoine des ministres et directeurs généraux, le politologue estime qu’il était peut-être intéressant que Nafi Ngom Keita puisse d’abord soumettre le rapport au chef de l’État avant de le publier.



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