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Après un long silence, le député maître Djibril...

08/12/2016

Après un long silence, le député maître Djibril War, président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, membre fondateur de l’APR, se prononce sur les différents points de l’actualité. Dans l’entretien qu’il avait accordé le 10 au journal Pop dont une bonne partie n’avait pu être publiée pour des raisons d’espace, le Directeur de l’Ecole du parti assène ses vérités.

Maître, sur tous les sujets d’actualité de ces derniers temps, nous n’avons enregistré aucune réaction de votre part. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre silence ?
Ce silence s’explique par mes charges d’activités institutionnelles et professionnelles. Mes nouvelles fonctions m’amènent souvent à des absences hors du territoire. Il s’y ajoute également que je m’étais résolu d’achever la rédaction de mon mémoire de fin de stage sur l’Analyse fiscale de l’Acte III de la Décentralisation, en vue de mon admission comme Expert Fiscal et de ma deuxième inscription au Tableau de l’Ordre National des Experts du Sénégal, cette fois dans la Section Fiscale. Je devais faire ma soutenance depuis fort longtemps. Je profite de cette occasion pour adresser mes remerciements aux collègues du cabinet KAMEX, son administrateur et maître de stage maître Amate Sow, l’inspecteur des impôts monsieur Elimane Pouye et la DGID pour leur soutien et leur implication. Avec mes charges et mes activités publiques et politiques, cela n’a pas été facile de concilier tout cela.

Maître, que pensez-vous des accusations de l’inspecteur des impôts monsieur Sonko portées sur l’Assemblée Nationale comme quoi « les députés ne payent pas d’impôts et que l’Assemblée ne les reverse pas au Trésor » et qui a créé une forte onde de choc au niveau du public ?
Vous me permettrez avant de vous répondre de faire des observations. En premier lieu, rappeler que l’auteur de cette déclaration est aussi un syndicaliste, doublé d’homme politique et opposant de surcroît au régime en place. Avant de me prononcer sur le bienfondé et la véracité de ses accusations, il y a lieu de déplorer sa démarche au regard des règles de devoir, du principe de spécialité en matière syndicale, du code de conduite éthique et déontologique, eu égard à son statut de haut fonctionnaire des impôts, au cœur des affaires publiques, de l’information sensible qui devraient l’inviter à la réserve, au secret professionnel requis même chez un particulier, et à la loyauté vis-à-vis de l’Etat .
Mais maître, n’est-ce pas votre gouvernance vertueuse de rupture qui prône la transparence et qui a déclaré qu’elle ne saurait s’accommoder de certaines pratiques ?
Ici-bas, à côté des règles écrites, Il y’a aussi d’autres non écrites que l’on ne saurait transgresser sans déchoir aux yeux de tous, au nom de la décence et de la pudeur républicaines, au-delà même des règles édictées par le code de conduite du fonctionnaire et des sanctions. En l’espèce, c’est moins le fonctionnaire, encore moins le syndicaliste que le politicien qui agit pour sa promotion politique. Je crois que pour la première accusation sur le non-paiement par les députés de leurs impôts, il n’a pas tardé à se rétracter. Même s’il persiste toujours sur le fait que les députés sont imposés à un taux moindre par rapport à leurs revenus. Pour ce deuxième point, à mon avis, lui et ses collègues qui ont fait le redressement ont du se tromper de bonne foi.
Les députés, de par leur statut d’élus du peuple, représentants qualifiés de la Nation sont régis par une loi organique qui est le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, loi supérieure aux autres lois et dispositions. Il fixe entre autres leurs indemnités (articles 100 et 101) : « Les députés perçoivent une indemnité égale au traitement afférent à l’indice maximum de la hiérarchie des cadres du personnel de la magistrature, du personnel militaire et des corps de fonctionnaires de l’Etat. La moitié de cette indemnité est représentative de frais personnels. Art 101 Règlement intérieur »
Or, en application de l’article 167 alinéa 4 du Code Général des Impôts, les indemnités et les primes spéciales (qui constituent la presque totalité des revenus du député) destinées à assurer les remboursements de frais forfaitaires, dans les limites fixées par le ministre chargé des finances sont exonérées d’impôt. Il en est de même de la dotation en carburant qui constitue pour le député une indemnité par destination et non un avantage en nature. Même si ces accusations étaient avérées, il n’y avait pas lieu de la part d’un citoyen, de surcroît un grand fonctionnaire de l’Etat qui aspire un jour en toute légitimité à diriger un jour le Sénégal ou à être député de jeter le discrédit sur l’institution parlementaire, de la jeter en pâture en exposant le traitement des députés à la convoitise cannibale de jalouses et méchantes personnes qui demandent la démission du Président de l’Assemblée Nationale. Qui plus est, au Sénégal, le député est une entreprise d’œuvres sociales qui distribue presque tous ses revenus à des actions d’assistance, bienfaisance dans différentes occasions (sociales, sportives, religieuses) dans la société. On peut penser qu’il y a eu erreur d’appréciation après reconstitution des opérations, qui découle de la présentation de la fiche de paie qui a inclus dans la rubrique montant brute imposable les différents éléments d’indemnités. Même si l’Assemblée Nationale devait des dettes à l’Administration fiscale, cette dernière, en vertu de son immunité d’exécution ne disposerait d’aucun moyen de coercition ou de contrainte d’exécution en vertu de l’article 194 du Code des Obligations Civiles et Commerciales qui dispose en son alinéa 2 : « Il n’y a pas d’exécution forcée ni de mesures conservatoires contre l’Etat, les collectivités locales et les établissements publics. »
Dans tous les cas, cette affaire aura le mérite de rappel de l’article 101 du Règlement intérieur de l’Assemblée Nationale à l’intention de l’institution parlementaire et à l’administration : « L’Assemblée Nationale doit garantir au député des conditions de travail satisfaisantes et les services de l’Etat assistance, respect et considération. Il est plus que temps que l’Assemblée puisse disposer d’assistants parlementaires comme l’exige l’article 50 de notre règlement intérieur et de l’expertise avérée de personnes ressources pour permettre aux députés de bien mener leurs missions au près des experts, avocats, consultants). Toute vérité n’est pas bonne à dire. Un opposant doit faire la part des choses entre la politique et les questions sensibles concernant l’Etat. En matière d’avantages et de privilèges, les députés ne sont pas les seuls à en bénéficier. Et si cet inspecteur parlait de ses fonds communs, et des avantages par rapport aux autres citoyens en matière foncière pour l’obtention d’un bail. Ceci dit, j’ai beaucoup de respect et de considération à l’égard de l’administration sénégalaise, tous corps confondus pour sa compétence et son sens du devoir.
Maître, quelle appréciation faites-vous du dialogue national lancé par le Président Macky SALL ?
Le dialogue, la concertation en tant que vertu et tradition s’identifient à notre peuple, depuis toujours. L’arbre à palabre le confirme bien. L’Alliance pour la République, fidèle à son orientation a toujours fait siennes ces valeurs, à travers son orientation, à l’image de son leader, homme de paix et d’ouverture. Le vingt-huit mai est une date historique en tant que concrétisation du vœu des sénégalais dignes de ce nom, de tout bord, de nos autorités religieuses et coutumières, une très bonne partie de l’opposition qui ont été présentes à cette historique rencontre d’échanges, dans la franchise et dans la convivialité. Je salue l’attitude des autres partis de l’opposition absents au lancement, qui ont assisté à la deuxième rencontre comme Rewmi, BokkGuissGuiss, Aj /Pads et invite les autres comme le Grand Parti à faire preuve de dépassement et de responsabilité.
Maître, l’on a noté l’absence de beaucoup de leaders qui ont déploré n’avoir pas été invités ?
Qui par exemple ?
Beaucoup de partis, certains de la société civile comme Yen A marre ?
Soyons sérieux ! Vous pensez que plus de deux cent cinquante partis dont la plus part n’ont ni adresse, ni téléphone pouvaient tous être dans cette salle ? En quelle qualité et à quel titre ce mouvement devaient-ils être présent ?
Ils représentent la jeunesse non ?
De quelle jeunesse parlez-vous ? En vertu de quoi ces gens devraient-ils par exemple parler au nom des jeunes pêcheurs, de Soumbédioune, de Guet Ndar qui se lèvent à cinq heures du matin sous un froid glacial, pour braver l’océan au prix de leur vie et rapporter la pitance à leur famille ? Aux paysans du Walo ou du Foulado , toute la journée dans les champs, aux ouvriers, mécaniciens, sous le chaud soleil, aux jeunes ambulants, élèves, étudiants laborieux qui triment sur les bancs pour leur avenir pendant qu’ils sont bien au frais entre deux avions dans les salons et hôtels huppés, en récompense de leur oisiveté déguisée en activisme ? Proférer des propos injurieux envers des personnes âgées, des autorités religieuses, étatiques, arborer un port ou une présentation vulgaires seraient ils les critères distinctifs de l’engagement et du talent de la part de certains lobbies douteux, bailleurs de fonds ?
Pourtant, ils ont joué un rôle décisif dans des moments historiques comme le 23 juin et durant les chaudes journées pré électorales. La distinction internationale qui leur a été faite récemment ne prouve-t-elle pas leur engagement ?
Où mettez-vous alors les jeunes de partis politiques et les citoyens dont certains ont eu de graves blessures et même payé pour leur vie ? Quel culot !
Des soupçons de rapprochement entre votre parti l’APR et le PDS pour les retrouvailles de la famille libérale et de « deal » pour la libération de Karim WADE ont été agités. N’y a t-il pas alors un risque d’implosion de la coalition Benno Bokk Yaakaar ?
L’attitude responsable des partis membres de la coalition Benno, L’AFP, le PIT, le PS, la LD et de certains alliés a été saluée par la majorité des sénégalais. Toutes les questions nationales ont été posées de manière franche et courtoise : la crise de l’enseignement, les syndicats, le secteur privé, les rapports souvent heurtés entre la majorité au pouvoir et l’opposition.
Mais, dans votre parti, il y a des responsables qui ne sont pas favorables à un rapprochement entre le chef de l’Etat et son ancienne formation, le Pds…
N’en déplaise, l’APR est bien un parti libéral ! Nous avons été présents à toutes les rencontres de l’Internationale Libérale et du Réseau Libéral Africain, Abidjan, Burkina, Bamako, Berlin. L’APR a organisé à Dakar la douzième conférence de l’ALDEPAC. Nous avons été dernièrement à Mexico et à Johannesburg pour présenter notre admission aux instances libérales, le RLA. L’APR se réclame du Libéralisme Social qui a comme valeur fondamentale l’HUMANISME. Ce que j’ai théorisé à travers le concept des 3 H : Humanisme Républicain, Humanisme Economique, Humanisme Politique. Que l’APR se rapproche du PDS d’où nous sommes issus le Président Macky et nous, ou avec les autres partis centristes de Jean Paul Diaz, d’Abdoulaye Baldé, Modou Diagne, Idrissa SECK serait dans l’ordre normal des choses. J’œuvre pour ça. Dans l’APR, comme dans le PDS, il y a bon nombre de personnes qui ne sont guère dans les dispositions pour un rapprochement entre les deux partis et la libération de Karim WADE. Cette bataille pour ou contre ce rapprochement s’étend à des niveaux insoupçonnés et se prolonge même dans les instances de nos partis et entre responsables sur l’orientation idéologique.
Moi-même dans l’APR ,je subis des coups lâches de la part de certains responsables tapis dans l’ombre qui se cachent derrière des jeunes de la COJER et leur présidente qu’ils instrumentalisent pour saborder et noyer l’école du parti dont la direction m’a été confiée par le Président Macky SALL. Lors de la dernière édition de l’Université républicaine, par des manœuvres sordides, ils m’ont empêché, une première dans l’histoire de l’APR de prononcer l’allocution inaugurale l’Ecole du Parti, juste avant le discours du Président. C’est le Président juste qui a voulu rétablir la situation. Dégoûté, nous sommes partis. La nouvelle direction de la Cojer ignore aujourd’hui royalement le comité scientifique de l’Ecole du Parti et organise des sessions confiées à ce groupe de gens anti libéraux, dont l’un d’entre eux s’est même autoproclamé directeur de l’Ecole du Parti. Leur dernière session comportait même un thème sur l’apologie et la vertu de la transhumance. Il est grand temps que le Président mette fin à cette pagaille et cette indiscipline.
La reddition des comptes constituait une demande sociale à la quelle votre parti et votre coalition avaient souscrit, à travers votre promesse de campagne électorale. Mais, on a comme l’impression que la traque des biens mal acquis est terminée…
Quelle demande sociale ? La reddition des comptes n’aurait pas dû être détournée de sa vocation et de sa finalité par des esprits pervers, haineux, revanchards qui ont trompé le Président pour assouvir leur vengeance sur la personne de l’ancien Président Abdoulaye WADE à travers son fils, en utilisant la CREI. J’avais bien décrié ses limites dès le début, de par ses règles de fonctionnement et de procédures qui jurent avec les règles d’une bonne justice dans un Etat de droit digne de ce nom comme le Sénégal, à savoir le renversement de la charge de la preuve sur le dos de l’accusé, la violation de la présomption d’innocence et l’inexistence du double degré de juridiction admis même dans les procès de crimes , meurtres, assassinats, le mépris des principes fondamentaux du droit, tels que les attributs du droit de propriété comme la donation, l’acte notarié qui fait foi jusqu’à inscription de faux. Vous vous rappelez les campagnes d’accusation de vols de véhicules, des humiliantes interpellations de chefs de villages, marabouts pour confisquer en plein jour des voitures que le Président Wade leur avait gracieusement offerts, des tableaux de peinture « cachés ou enterrés dans des champs » portées en l’endroit de l’ancien Président, qui pourtant après avoir félicité, le Président Macky Sall avant la proclamation des résultats du deuxième tour des élections présidentielles de mars 2012, et l’avoir béni après par des prières , avait même instruit ses hommes, femmes d’être à la disposition du nouveau président, leur frère pour qu’il réussisse sa mission. Vous avez vu comment les louables intentions de l’ancien Président WADE après sa défaite ont été torpillées par des gens dans le camp du PDS, qui n’ont jamais digéré la préférence, le choix du Président de Wade sur la personne du Macky SAL comme son second à l’époque et par des gens du camp présidentiel qui en voulaient à WADE ?

Au vu de tout ça, quelles conséquences devrait-on tirer de cette affaire ?
C’est tout à l’honneur du Président toujours égal à lui-même dans son courage et son honnêteté de reconnaître que la CREI, en tant qu’instrument judiciaire de reddition des comptes présentait des limites. En tant que républicain, respectueux du principe sacro saint de la séparation des pouvoirs, il ne s’est jamais immiscé dans les affaires relevant des juges. Le Sénégal, respecté, cité en référence comme Etat de Droit, partie signataire des conventions internationales, bien que souverain, ne s’aurait ignoré les suggestions et avis d’organisations comme la CEDEAO, le Groupe de Travail des Nations Unies. Le Sénégal connu pour la compétence de ses juges et de son Administration n’a pas besoin de juridictions d’exception. Maintenant que la sentence a été prononcée et a acquis l’autorité de la chose jugée, Karim qui a purgé la moitié de sa peine pourrait bien être la libéré.
Comment ?
Le plutôt possible par la libération conditionnelle, la grâce présidentielle
Mais, honorable, vous savez bien que la libération conditionnelle, comme la grâce ont l’inconvénient majeur de ne pas effacer les effets préjudiciables attachés à la condamnation…
Je suis profondément choqué et peiné par l’attitude inhumaine de certaines personnes.
J’ai comme le sentiment que bon nombre de sénégalais ne connaissent pas l’incarcération. Est qu’ils ne se sont pas mis à la place de Karim, de ses vieux parents, de son père, de sa mère, de ses jeunes enfants orphelins ? S’ils étaient conscients et n’étaient pas aveuglés par leurs propres intérêts, ce qui importerait pour eux avant tout est que Karim puisse retrouver sa liberté, être auprès de ses enfants très tôt arrachés à l’affection de leur mère, ses parents qui ont beaucoup souffert. Personne n’est à l’abri de l’emprisonnement. Mais la CREI n’est pas le meilleur instrument pour engager la responsabilité d’une personne et la condamner. Si le Président Abdoulaye WADE, à son accession au pouvoir en 2000 avait réactivé la CREI, (il aurait bien pu le faire avec tout ce qu’il avait subi, fréquents emprisonnements, accusations de crimes, brimades, humiliations), pensez-vous que les responsables du régime socialiste d’alors pourraient échapper à la prison vue la manière dont la CREI fonctionne ? Ne dirait-on pas alors que c’est au nom de la demande sociale, un vocable dont on a aucun baromètre objectif, scientifique d‘évaluation pour certifier son existence et son bienfondé au niveau du peuple , seul souverain qui ne saurait se confondre aux phantasmes sadiques de nostalgiques des tribunaux révolutionnaires et époques staliniennes , au nom de la revanche du peuple, pardon de la dictature du prolétariat ? L’œuvre de justice est noble et humaine. Elle repose sur le droit mais aussi sur l’équité. Elle ne saurait être le prétexte d’assouvir des desseins destructeurs inavoués parce qu’inavouables.
Dès lors qu’il est admis que la CREI présente des vices congénitaux, Karim pourrait bien être libre par libération conditionnelle ou grâce présidentielle dans un premier temps. Ce qui ne constitue en aucune manière un élément dirimant pour l’Assemblée Nationale qui pourrait voter d’abord une loi d’abrogation de la CREI, remplacée par la CREIF, avec effet rétroactif sur les peines et leurs conséquences qui seront anéanties normalement, compte tenu de sa nature de loi pénale la plus douce et en vertu de la règle de l’accessoire qui suit le principal et au besoin une loi d’amnistie, non seulement en sa faveur et celle de ses co condamnés, mais en faveur des autres personnes poursuivies dans le même temps comme la sénatrice Aida DIONGUE, Ndeye Khady GUEYE. La paix n’a pas de prix. C’est la nature du sénégalais et nous rendons grâce à DIEU de ne pas être du moins dans la majorité des gens rancuniers, d’avoir un bon cœur, d’être compatissants envers son prochain, fût-il un ancien ennemi. En quoi les sentiments, le désir de certains hommes politiques, ou de la société civile devraient ils prévaloir sur ceux de nos illustres chefs religieux, musulmans de toutes les confréries, chrétiens et coutumiers qui ont toujours demandé le pardon, la réconciliation au nom de l’unité et de la paix ?

N’encourez-vous pas, alors, le risque d’avoir en face Karim Wade, qui pourrait compromettre les chances de réélection du Président Macky SALL ?

Vous vous rappelez que j’ai eu à faire de nombreuses visites à Karim. Son séjour carcéral certes regrettable, ce long et pénible isolement lui ont donné l’occasion d’avoir un recul, une introspection, un autre regard sur le monde, les amis, sur leur véritable nature. J’ai constaté à travers mes visites qu’il a beaucoup évolué dans la dimension spirituelle, dans la foi avec l’exemplaire du livre du coran en arabe et en français avec les traductions des versets et sourates que je lui avais offert qu’il commençait à ré apprendre et à lire régulièrement. Jusqu’à ma dernière visite, après sa condamnation il n’a jamais varié dans son esprit de dépassement ni manifesté une quelconque animosité à l’endroit de qui que ce soit, du Président Macky SALL dont il persiste à croire comme son père qu’il a été abusé dans sa ferme volonté de lutter contre toute impunité. Imaginez ce qu’il devait ressentir lorsqu’il voyait pour la première fois dans sa cellule à travers la télé ses anciens courtisans, hommes et femmes qui , comme des oiseaux picoreurs ont repris leur envol migratoire au grès des saisons politiques, transhumance oblige en direction du nouveau pouvoir dans la proximité immédiate du Président et de Madame la Première Dame, s’ils ne sont ministres, ambassadeurs dans de grands Etats ou royaumes ou fonctionnaires internationaux auprès de grandes organisations internationales, l’abandonnant à son triste sort. Je suis convaincu que Karim cette fois n’entendra plus être un ascenseur et un matelas d’atterrissage pour des carriéristes de son parti ou mouvements de soutien qui commencent déjà à mener des combats de positionnement. J’interpelle d’ailleurs vivement sa mère e son père, sa sœur, en leur rappelant deux articles prémonitoires que j’avais écrits en 2007 période des rumeurs sur la « dévolution monarchique du pouvoir » : « Bon Vent ! Monsieur le Président, Mais méfiez-vous surtout du Ressac » et « Monsieur le Président, préservez votre fils de ces gens-là ! » toujours disponibles dans le net. Ce conte de fées a connu hélas une fin tragique dans la dure réalité. Le risque est toujours réel à la seule différence cette fois que le nouveau slogan de ces gens est « Après Reubeus, en route vers le Palais avec Karim ! » Cette triste histoire ne devrait en aucun cas se répéter. La jurisprudence Idrissa Seck est assez édifiante.

Honorable, votre parti est secoué par des mouvements de contestation de la part de d’anciens militants, responsables actifs de la première heure comme le MA 26 qui réclament même la démission du Président Macky SALL du Parti ?

Cette sortie en mon sens constitue un épiphénomène dans le malaise qui prévaut actuellement dans l’APR. Pour un parti au pouvoir, le mal est plus profond même. Il semble que le Président ne sent pas ou n’est pas bien informé du sentiment général de déception, d’abandon, d’indifférence du parti, des militants de la première heure. Tout parti dans sa dynamique d’évolution et pour sa survie doit se renforcer à travers la massification. Mais ce processus doit être accompagné par des procédés très pédagogiques pour préserver les acquis. Aujourd’hui ce que l’on voit, ce n’est pas la Patrie avant le Parti, mais c’est plutôt les Autres, avant l’APR, le NP et Macky 2012. Nos alliés ne se privent pas pour caser leurs militants.
Le responsable du Mouvement MA 26 Pape Baby qui est un jeune frère à moi, habite à Biscuiterie. Il était déjà un élément actif du mouvement de soutien au Premier Ministre Macky crée par le Ministre Mansour Faye en 2004 déjà, bien avant la création de l’APR en 2008 avec le conseiller Aziz Ndiaye. Lui et d’autres, comme Dieynaba Sy, Kany, Fally, Coumba Faye, Nabou Gaye, Ndeye Biram, Nafi Sene, Nogaye et d’autres, de vrais guerriers et amazones ont été dans tous les combats. On peut comprendre leur état d’âme, laissés en rade. Pour autant j’invite tous ceux qui sont dans cette situation de ne pas se laisser emporter pour prendre des actions extrêmes. Le Président est l’âme du Parti.
Je crois qu’il doit au contraire être beaucoup plus présent dans la vie du parti et penser d’avantage à la promotion des militants, des cadres, surtout les jeunes pour assurer la relève. A mon avis, la vie du parti ne doit pas uniquement se limiter au Secrétariat Exécutif National. Il serait utile de créer d’autres espaces de rencontre, d’échange avec la réactivation du Directoire élargi à des responsables.
Il est anormal que le Parti dote un budget à des Instances du Parti sans apporter aucun appui à l’Ecole du Parti dont les activités ont été entièrement financées par moi ou deux personnes. J’espère que le projet de Session inaugurale de l’Ecole du Parti prévue pour le mois de juillet que j’ai présenté à monsieur le Président lors du dernier Secrétariat Exécutif National ayant pour thème : L’ APR FACE A SES OBLIGATIONS, DEVOIRS ETATIQUES, SES ENGAGEMENTS POLITIQUES ET SES INTERETS PARTISANS pourrait être le prétexte au-delà la réflexion de rapprocher le Président à ses chers et vieux compagnons.

Le mot de la fin, maître
Je prie pour une solution entre l’Etat et les enseignants pour sauver l’année scolaire, un Sénégal de paix qui doit commencer par l’Assemblée Nationale. Qu’on reconnaisse au PDS, à son chef son droit de choix du Président de son groupe parlementaire, comme c’est le cas pour tous les groupes, y compris le nôtre, qu’on mette fin à des conflits qui ne sont d’aucune utilité, qu’on revienne sur la décision même fondée de démettre madame le député Aida Mbodj de sa fonction de Présidente de Conseil Départemental. Pour le remplacement du député Ousmane Ngom, au nom du droit et de la morale, c’est l’ homme suivant le démissionnaire sur la liste Sopi des députés qui est toujours resté militant du PDS qui devrait hériter du poste et non une autre qui avait démissionné du PDS et créé un autre parti. Dès qu’on est sur la liste des candidats, on est un député potentiel virtuel, comme un joueur de football, sélectionné sur la liste des vingt-deux, jusqu’à ce qu’il déchire sa licence pour aller dans un autre club. On n’a pas besoin de saisir le Conseil Constitutionnel. Je souhaite aussi la réussite du Président Macky SALL, et de voir les trois Présidents Abdou DIOUF, Abdoulaye WADE, Macky SALL ensemble autour d’un bol de Thiébou Diene concocté par Tata Elisabeth, Tata Viviane et Adja Marème FAYE SALL le plus tôt possible, Karim et le Président Macky SALL, les yeux dans les yeux la main dans la main comme la chanson pour le développement du Sénégal. Si le Président Macky Sall peut voir le Président Abdou Diouf, pourquoi ne le ferait-il pas pour le Président Abdoulaye Wade ? Est-ce un pêché ou un crime ? Pourquoi faire alors un communiqué de démenti d’une prétendue visite à Paris du Président Macky à son père Abdoulaye Wade qui a beaucoup fait pour lui ? De belles images que je vendrai à prix d’or. Je m’en vais tout de suite déposer cette idée à la Propriété intellectuelle pour me réserver les droits d’auteur avant que les filous ne me volent encore mes idées et projets comme ils en ont l’habitude avec moi. Rires



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